Tour Voile 2023 : la renaissance d’une course mythique J-100

Le compte à rebours est lancé. Dans 100 jours, sera donné le départ du Tour Voile à Saint-Quay-Portrieux, dans les Côtes-d’Armor. L’occasion pour cette épreuve emblématique de renouer avec ses fondamentaux et de permettre aux plus jeunes de se lancer dans l’aventure du large.

Découvrir les grands navigateurs de demain

Le Tour Voile, c’est avant tout une histoire humaine qui allie le sport à la solidarité. « L’entraide, c’est ce qui avait fait la richesse de cette épreuve à l’époque, souffle Yannig Livory, ancien président de la Classe Figaro Beneteau. Et je suis certain que cette année, tous les ingrédients seront réunis pour une belle saison de reprise. »

Ce rendez-vous estival, devenu incontournable au fil des ans, a vu passer des grands noms de la voile à l’image de Franck Cammas, Quentin Delapierre, Damien Seguin et bien d’autres. « C’est une belle opportunité pour les plus jeunes de se confronter à leurs idoles », confie Mady Fobert, figure incontournable de cette compétition.

Voilà trente ans que la manager du team Bel-Yachting arpente les pontons itinérants du Tour Voile. « J’ai pu faire courir énormément d’amateurs, s’enthousiasme-t-elle. 400 marins sont passés par chez moi. Ça a été un réel tremplin pour certains. Quand j’ai vu que le Tour renaissait, je me suis dit : ‘enfin, c’est reparti !’ »

Depuis sa création en 1978, cette course a fait rêver de nombreux marins en herbe, à l’instar d’Albane Dubois. Plus jeune, la navigatrice multi-médaillée admirait ces bateaux du balcon de son appartement. « J’ai toujours souhaité y participer. Mais en mettant la priorité sur mon projet olympique, je n’ai jamais réussi à le faire. Jusqu’à cette année. » La trentenaire s’élancera le 1er juillet prochain avec un équipage exclusivement féminin. Et d’ajouter : « Cette régate formatrice va permettre à mes équipières d’acquérir de l’expérience. Et les aider à accéder un jour, si elles le souhaitent, à la course au large. Car sur les 9 filles, 7 sont issues de la voile légère. »

Le Tour Voile revient à sa version originelle

L’arrivée d’un nouveau support habitable marque un retour aux fondamentaux. Les participants abandonneront le Diam24, trimaran utilisé depuis 2015, au profit d’un monotype équipé de foils : le Figaro Beneteau 3.

« C’était le chaînon manquant à la Classe Figaro Beneteau », détaille le navigateur Philippe Hartz qui courra, entre autres, aux côtés de Pierre Leboucher. Ce dernier a découvert le Tour Voile en 2004. Issu du circuit olympique, Pierre avait été appelé à l’époque pour ses compétences de régatier avant d’embrasser la voie du large. « Philippe Hartz m’a proposé de rejoindre son équipage, relate Pierre Leboucher. C’est chouette de naviguer avec lui. Je reviens avec plus d’expérience. Je pourrai ainsi être multitâche en fonction des besoins. Puis le fait de vivre cela à plusieurs est un super exercice. Nous allons partager nos joies et nos moments plus compliqués. C’est aussi ça qu’on vient chercher dans cette course. »

Chaque équipage devra alors trouver la manière d’accorder son monocoque en fonction des conditions rencontrées et du parcours demandé. Et les changements ne s’arrêtent pas là. Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont souhaité faire revivre les parcours au large par le biais des étapes de ralliement et des épreuves de nuit. « Des points primordiaux pour former les plus novices, insiste Mady. Cela leur permettra d’avoir un avant-goût du large en passant au moins une nuit en mer. »

Un périple de 16 jours jusqu’en Charente-Maritime

Le cap symbolique des 100 jours vient d’être franchi. Et le temps qui passe s’égrène comme des minutes. « Afin d’être prêts le jour J, les jeunes de l’association vont d’abord faire leurs armes lors du Spi Ouest-France du 6 au 10 avril prochains, à la Trinité-sur-Mer », annonce Valentin Gautier, coordinateur du Centre d’Entrainement à la Régate de Genève (CER). Car les équipages devront répondre à certains critères, notamment celui de compter à leur bord deux personnes de moins de 26 ans.

Ce périple de 16 jours, dont la première partie sera commune au Tour de Bretagne à la Voile, les amènera jusqu’en Charente-Maritime.

Pour Emmanuel Bachellerie et Mathieu Sarrot, organisateurs du Tour Voile :

Nous sommes pleinement rivés sur la meilleure production, dès cette année, de la renaissance de cette épreuve mythique de la course au large. Nous devrions pouvoir annoncer le parcours définitif des deux actes au cours du mois d’avril. C’est une course contre la montre qui a débuté mi-janvier. A tous les étages de la fusée. Elle sera parée au décollage le 30 juin prochain

Contacts Médias
Ultim Sailing : Julie Cornille – 06 62 88 81 18 – cornille.julie@gmail.com
FFVoile : Mathilde Mermod – 06 22 93 36 81 – presse@ffvoile.fr
Classe Figaro Bénéteau : Éléonore de Grissac – 06 11 73 13 35 – cfb.admin@orange.fr

Métiers

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Ultim Sailing a acquis, au printemps 2021, l’un des 7 Ultims que compte la planète. D’une longueur de 31 mètres de long, de 21 mètres de large et d’un mât de 35 mètres de haut, le trimaran est proposé à la location annuelle pour pouvoir participer aux grands événements nautiques tout en permettant à ses parties prenantes (collaborateurs, clients, partenaires, prospects) de vivre des expériences uniques.

Dans le prolongement de cette acquisition, Ultim Sailing propose aux marins, en recherche de sponsors et de partenaires, d’examiner toute problématique relative au montage d’un projet ; de la ClasseMini aux Ultim.

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Les deux dirigeants d’Ultim Sailing ont, à eux deux, 33 années d’expérience dans le domaine de la course au large. Passionnés par ce sport et ses théâtres naturels, ils ont à cœur de passer de l’idée au projet.

Parce que les collectivités, les partenaires privés, les équipes et leurs sponsors ont, tous, des problématiques différentes et complexes à enchevêtrer…

Parce que les media ont une appétence pour le « live »…

Parce que le grand public rêve d’aventures…

Parce que nous aimons ces machines et les marins qui vont dessus.

Pour toutes ces raisons, il nous est apparu utile de proposer de partager nos réflexions et de les mettre en œuvre ; quand tel territoire veut faire savoir la protection de son littoral, son engagement dans le maritime, l’accompagnement de ses filières industrielles ou quand telle marque veut raconter des histoires alternatives qui emmènent la totalité de ses publics.

Qu’il s’agisse de « Brest Atlantiques » en 2019, le « Trophée BPGO » ou « Finistère Atlantique » cette année… chaque projet a eu ou aura sa singularité. C’est une promesse que nous nous faisons et partageons à nos interlocuteurs.

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La course au large n’est pas un sport comme les autres.

Il est à ciel ouvert, à contrario d’une enceinte fermée. Il ne bénéficie pas de droits TV. Il est fait de ce bois singulier qu’ont celles et ceux qui partent en mer ; taiseux, durs au mal et amis de l’inconnu, de l’incertitude.

Que vous soyez collectivité ou marque commerciale, nous vous accompagnerons dans les questionnements et réponses à apporter aux interrogations qui seront les vôtres au moment de vous engager. Parce qu’une fois qu’on a goûté au sel de la course au large, difficile de s’en éloigner.

portrait Emmanuel Bachellerie

Emmanuel
Bachellerie

Que diriez-vous d’un homme qui place haut Victor Hugo, Raymond Aron et… Loïck Peyron ? Et qui, facteur aggravant, lit un roman ou un essai politique par semaine et, par-dessus le marché, poste trois commentaires argumentés sur les réseaux sociaux en lien avec l’actualité ? Allez, soyez franc(s) : feriez-vous confiance à un social-démocrate, européen, libéral et pire, sorti des écoles parisiennes ? Et qui, de fait, n’est ni Léonard, ni Trégorois, ni encore moins Bigouden. N’était-il tout simplement pas étrange de voir un Versaillais, alors âgé de 42 ans, prendre en 2014, la barre d’une classe naissante de trimarans géants, celle de la Classe Ultime, et la soutenir pendant sept ans, souvent face à des vents contraires ? Emmanuel Bachellerie, s’il est un homme de communication – selon la formule fourre-tout – parle moins qu’il n’écoute. Ce qu’on cherche dans une organisation, qu’elle soit sportive, humanitaire, politique, internationale, ce n’est pas une technicité – elle sera nécessairement au rendez-vous – ni des phrases toute faites ; non, ce qu’on cherche, c’est un homme qui sache parler aux hommes et aux femmes qui vont, soit modifier l’Histoire, ou alors plus modestement comme ici fabriquer des histoires. Mathieu Sarrot et Emmanuel Bachellerie ne sont précisément pas des hommes de mer, mais connaissent intimement celles et ceux qui vont sur l’eau. Ils ne navigueront pas. Ce n’est pas leur travail. En revanche, ils écrivent une nouvelle page pour que ceux qui savent naviguer à armes égales puissent le faire. Et nous, éventuellement voyager.

Jean-Louis Le Touzet, 22 avril 2022

photo portrait de Michel Sarrot

Mathieu
Sarrot

Organisateur de courses au large, Mathieu Sarrot compose des histoires de mer et de marins depuis le quai. Les portées qu’il dessine en clé de sol ont vocation à voir s’ébattre les notes des marins, à accueillir leurs cadences. En 25 ans de métier, le Parisien nourri au bon vent de Saint-Malo a déjà veillé sur la bonne tenue de plus de 45 courses au large. La vocation n’est pourtant pas aisée lorsque, aux départs et leur cortège d’angoisses, on préfère le verre partagé avec le dernier. En quatre Routes du Rhum, huit Solitaires du Figaro, autant de Transats AG2R La Mondiale et de Transat jacques Vabre, cinq Trophées BPE, trois Courses de l’Europe et une myriade de galops de figaristes, le compositeur a connu bien des bonheurs.

Pour se mettre en phase avec l’exercice de la navigation, Mathieu Sarrot a donné à sa trajectoire la géométrie d’un passage de front : du droit d’abord, puis un bord de recalage par une école de communication, pour parfaire sa définition de l’allure à donner à une course. Ses rencontres avec Pierre Bojic, Éric Tabarly, Gérard Petipas ou Jean Maurel ont nourri son désir perpétuel de laisser cours aux histoires vraies, à l’authentique. Le lien profond qu’il a développé depuis 1994 avec la communauté des gens qui naviguent le rend légitime dans sa volonté de dessiner ses courses avec les marins. Avec Ultim Sailing, la structure qu’il anime avec Emmanuel Bachellerie, Mathieu Sarrot met à l’épreuve sa conviction que les courses au large peuvent s’inscrire en conformité avec l’époque, en développant un modèle plus frugal, plus agile et, il l’espère, plus vertueux.

Frédéric Pelatan, 22 avril 2022