La grande cavalcade

Après un début de course mené tambour battant, la flotte du 3e Trophée Banque Populaire Grand Ouest a connu, comme attendu, un temps de respiration forcée en fin de journée hier. Au large de la pointe du Raz, une zone de vents faibles est venue ralentir la progression des duos, resserrant temporairement les écarts avant une relance franche dans la nuit. Ce mardi matin, les 32 équipages encore en lice après l’abandon d’Erica Lush et Mac Manion (Hope) ont remis les gaz au vent de travers, filant désormais à vive allure vers le waypoint Banque Populaire Grand Ouest, décalé plus à l’est par la direction de course. Une phase rapide, engagée, où la hiérarchie reste mouvante, comme en témoigne l’incident subi par Loïs Berrehar et Charlotte Yven (Banque Populaire), brutalement stoppés pendant plus d’une heure après avoir heurté un engin de pêche au moment du lever du jour. À noter également que trois duos – Gaston Morvan et Benjamin Ferré (SLB Pharma), Victor Mathieu et Ulysse David (Elitys), ainsi que Joss Creswell et Cole Brauer (digiLab) – font route vers Concarneau, sans plus d’informations à ce stade.

Une compression attendue… puis une relance brutale

Le scénario s’est déroulé presque à la lettre, conformément aux prévisions, au large de la pointe de Bretagne. « Une grande partie de la flotte a été fortement ralentie par une zone de vents faibles, avec du courant de face. Ça a forcément resserré les écarts », explique Yann Eliès, le directeur de course. Sans jamais totalement figer la régate, cette bulle a permis aux poursuivants de recoller, ramenant les écarts à moins de dix milles contre 50 hier à la mi-journée. Certains ont toutefois su mieux négocier la transition. Loïs Berrehar et Charlotte Yven (Banque Populaire) ont clairement réussi un joli coup tactique en contournant le secteur par l’est en rasant la zone interdite située au large de Brest, profitant du retour du vent pour creuser un écart. Derrière, la flotte s’est remise en ordre de marche dans la nuit, dans un flux qui s’est progressivement réinstallé. « Ça n’a pas franchement arrêté les bateaux, mais ça a quand même bien ralenti tout le monde », résume Yann Eliès. Une transition courte, mais suffisante pour redistribuer partiellement les cartes.

 

Au portant, une course de vitesse pure

Depuis le débordement des Glénan aux alentours de 2 heures du matin, le tempo a radicalement changé. Place désormais à une longue cavalcade au travers, dans un vent soutenu flirtant avec les 30 nœuds. Les Figaro Beneteau 3 déboulent à près de 15 nœuds de moyenne, dans une configuration exigeante où précision et engagement font la différence. Une phase à haute intensité qui n’est pas sans risques. Peu avant 6 heures ce matin, Loïs Berrehar et Charlotte Yven (Banque Populaire) ont ainsi été stoppés net après avoir percuté un engin de pêche, les contraignant à plus d’une heure d’efforts pour s’en dégager avant de repartir. « A présent, c’est surtout de la vitesse », a confirmé Gaston Morvan (SLB Pharma) dans un message du bord, avant son changement radical de  cap. « Le bateau va glisser fort pendant longtemps, à nous de bien le régler pour aller le plus vite possible. » Même lecture côté direction de course : « C’est un long bord de travers, assez direct. Il n’y a pas énormément de stratégie, c’est vraiment une phase de vitesse pure », appuie Yann Eliès. Dans ces conditions, la moindre approximation se paie immédiatement. Concentration maximale, pilotage fin et endurance sont de mise, alors que les marins enchaînent les milles à haute intensité.

 

Peu de répit, une intensité constante

Cette relance s’inscrit dans la continuité d’un début de course particulièrement exigeant. La journée d’hier, malgré la molle, a permis de souffler un peu, mais sans jamais vraiment décrocher. « On a mangé seulement notre deuxième plat chaud depuis le départ », a confié Léo Bothorel (Decathlon – La Fresque du Climat) dans une vidéo, illustration concrète d’un rythme soutenu depuis le coup d’envoi. De nouveau, les organismes sont sollicités en permanence. Le passage du waypoint Banque Populaire Grand Ouest est attendu en milieu d’après-midi, autour de 15 heures pour les premiers, avant un nouveau changement de décor. Au programme ensuite : du près pour remonter vers l’île d’Oléron, dans un vent toujours tonique, avec des passages à 25-30 nœuds annoncés.

Quid du classement ? En tête, la valse des leaders se poursuit. Ce mardi matin, Nicolas Lunven et Tom Goron (PRB) mènent les débats avec une avance de dix milles sur Paul Cousin et Alexis Loison (Région Normandie) et de 15 milles sur Alexis Thomas et Pablo Santurde (Wings of the Ocean). Mais dans une course désormais lancée à pleine vitesse, rien n’est figé. Après la compression, puis la relance, le Trophée Banque Populaire Grand Ouest est entré dans un nouveau registre sans concession, où chaque mille se gagne à l’engagement.

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